publié le 11 septembre 2007
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Dans un labo pharmaceutique, un échantillon de tissu vivant met les chercheurs en ébullition. Il offre une piste prometteuse pour la réalisation d’un vaccin contre le Sida. Consternation : l’échantillon appartient à un prélèvement de foie de dugong, ces siréniens placides qui peuplent les rivages des îles indonésiennes. Ou plutôt qui peuplaient leurs rivages, car l’espèce est officiellement éteinte, et l’espoir un moment s’envole. Mais s’il restait quelque part, à l’abri des braconniers, quelques uns de ces pacifiques animaux ? Aidé de la si déroutante Amélie, Chris, baroudeur et chasseur d’échantillons, va tenter d’affronter les dangers d’une région politiquement instable, les trafiquants et les concurrents à l’affût, pour espérer retrouver leur trace, et, en les protégeant, offrir un avenir à une population humaine décimée par la maladie.
Thriller d’anticipation écologique, Les Larmes étaient leur pardon mêle avec une grande habileté les codes du roman d’action débridé, avec son lot de crimes, d’aventures que le décor foisonnant de l’Indonésie rend d’autant plus surprenantes, de rebondissements au fil de rencontres improbables - trafiquants d’animaux en voie de disparition, chercheurs réfugiés au fond de la jungle, rebelles armés jusqu’aux dents... – avec une réflexion sur le danger qui menace la biodiversité.
Et si l’action entraîne le lecteur sans faiblir, l’auteur n’en a pas pour autant négligé l’aspect scientifique de son récit, qui fourmille d’anecdotes et de références aussi pointues que passionnantes. De plus, Marc Vassart à l’intelligence d’ouvrir sans cesse de nouveaux débats, de nouveau questionnements, auxquels il refuse d’apporter des réponses toutes faites, laissant le lecteur décider par lui-même s’il est ou non convaincu et où il trouvera ses propres conclusions sur les problématiques évoquées.
Les larmes étaient leur pardon est un roman sur le respect, celui que l’Homme doit à la Nature et à lui-même, mais aussi celui qu’offre l’auteur à l’intelligence des jeunes lecteurs. Et les lecteurs adultes y trouveront tout autant d’intérêt et de plaisir, ce qui autorise ce roman à figurer sans restriction dans les rayons de SF et d’anticipation pour le grand public.

Premières pages :
La crosse de l’arbalète reposant contre ses muscles abdominaux, l’homme tira des deux mains sur la corde pour la tendre. Cet effort lui arracha une grimace de douleur.
Il entendit au même instant le craquement d’un fragment d’écorce et il fut rassuré : l’enfant était dissimulé parmi les fougères derrière lui et ne risquait pas d’être blessé par la flèche lors de sa chute.La crosse de l’arbalète reposant contre ses muscles abdominaux, l’homme tira des deux mains sur la corde pour la tendre. Cet effort lui arracha une grimace de douleur.
Il entendit au même instant le craquement d’un fragment d’écorce et il fut rassuré : l’enfant était dissimulé parmi les fougères derrière lui et ne risquait pas d’être blessé par la flèche lors de sa chute.
La flèche tirait un fil de nylon qui devait entraîner à son tour une corde autour de la branche.
Le premier tir fut un échec : il fit s’envoler bruyamment un couple de roussettes furieuses d’avoir été réveillées, mais la flèche resta coincée dans les branchages. Pour la récupérer, il tira sur le fil à plusieurs reprises. L’homme avait l’habitude de ces manipulations, mais elles restaient délicates : un enroulement incorrect du fil ou de la corde ralentissait l’ascension de la flèche qui n’atteignait alors pas sa cible.
Cet homme voulait grimper au sommet de l’arbre pour cueillir des fleurs.
Certaines vivent ainsi, dans les plus hautes strates de la forêt, c’est leur méthode à elles pour se faire une place au soleil.
Dans l’obscurité des fougères, le cul sur une palme, le garçon observait, fasciné. Ses vêtements et ses cheveux s’imprégnaient d’une puissante odeur d’humus, ce mélange de terre humide et de matière végétale en décomposition. Tout au spectacle, il ne sentit même pas la sangsue se glisser entre ses orteils.
La deuxième flèche dépassa de peu la fourche de l’arbre et retomba de l’autre côté. L’homme la chercha au sol au milieu des arbustes en s’aidant de sa machette et revint se placer sous l’arbre. Il tira sur la corde et en fixa l’extrémité à une solide racine qui courait à la surface du sol ; il se laissa alors pendre sur le brin encore libre pour tester la solidité de son arrimage. Satisfait, il mit son sac à dos et s’apprêta à grimper mais, comme s’il avait oublié quelque chose, il se détourna de la corde et fit quelques pas dans la forêt. Il ramassa alors un gros champignon humide et verruqueux qu’il fit mine d’examiner et le projeta soudain dans la direction supposée de l’enfant. Ce dernier émergea des fougères en poussant un cri de dégoût.
— Ulysse, rentre chez ton oncle ou je préviens le Pasteur.
— Mais je veux grimper avec toi !
— Tu sais bien que c’est hors de question, et d’abord je n’ai pas de harnais à ta taille.