publié le 3 janvier 2008
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En bref : Lorsque Carl, machine de combat létale et suréquipée, débarque sur Aria pour une mission de sauvetage de cette planète-colonie il n’est, psychologiquement, encore qu’un enfant. Une pièce de choix pour les Furets qui viennent assaillir son cerveau, alors même qu’il lui faut découvrir ce qu’il fait là , qui il est, et surtout qui il veut devenir. Ses compagnons ont succombé, mais saura-t-il, lui, se rendre maître de son destin et faire le choix d’être un homme ? Aria des brumes est bien plus qu’un magnifique roman de science-fiction, c’est le récit d’une reconquête volontaire de ce qui rend humain…
L’auteur :
Aria des Brumes est le premier roman de Don Lorenjy, bien qu’il ait déjà exercé sa plume tant dans son métier de publicitaire free lance que dans ses nouvelles publiées dans quelques webzines (Trois petits points, ...) ou dans la très belle anthologie Ouvre-toi (Ed. Griffe d’Encre). Remarqué pour son talent, ce jeune papa fou amoureux de nature et de sports extrêmes, humaniste et plein d’humour, ne pouvait que trouver sa place au Navire, où l’on compte bien le voir continuer à s’épanouir.
Premières pages :
Prologue
Éjection.
Silence et vide spatial.
Atmosphère : long hurlement de chute enflammée.
Déchirement, branches cassées et impact spongieux.
Ouverture du cocon, sifflement de pressurisation : je tombe, de l’eau poisseuse jusqu’Ã mi-cuisses.
PROTECTION INITIALE !
L’ordre du conditionneur me claque droit dans le cerveau.
J’obéis bien sûr. Vingt pas tout droit, dix à gauche, en arc. Ne pas tenir compte du terrain. Juste s’éloigner du point de chute qui attire déjà tout ce qui voit ou entend. Se blottir dans les feuilles…
OBSERVATION !
Toujours le conditionneur. Il sera mon contact avec l’orbiteur pour toute la mission : un vrai chien d’aveugle. Observons donc…
La jungle respire, c’est la nuit. Mon atterrissage perforant a fait taire les bestioles, mais je sens que ça grouille, partout. L’Å“il électronique de mon Autocam double ma vision naturelle. Des images intensifiées, sans couleur, injectées direct sur mon nerf optique.
Pas de mouvement significatif. Le vol en zigzag de quelques insectes sans danger. Balayage par l’Autocam qui complète ma vision naturelle : il s’arrête sur deux formes, reconnaissables et pourtant non répertoriées. Manque de discernement ou de mise à jour dans sa base de données. Premier zoom, nettement un reptile local. Il me scrute de la langue, lové autour d’un tronc. Venimeux ? Je le stocke en traçage, l’Å“il automatique me préviendra s’il aborde mon périmètre. Le deuxième maintenant, une sorte de paresseux pendu à une branche. Je ne l’ai même pas réveillé. Pas le plus petit écho métallo-plastique à moins de cent mètres. Aucun danger, tout en douceur.
ACTIVER REGROUPEMENT !
Oui, on y va. Presque vexant, ces impulsions permanentes. Comme si je n’étais pas assez entraîné à ce genre de balade nocturne ! Mais bon, aucune raison d’attendre. Je bipe les collègues.
Quelques minutes de silence grouillant, et quatre "déchirement-impact-pshitt" se succèdent dans les dix mêmes secondes. Quatre silhouettes qui s’éparpillent réflexe. Puis se rassemblent autour de moi. Groupe THOR au complet.
Premier debrief sous les arbres, alors que nos cocons organiques se décomposent déjà . Bientôt ce largage ne laisse pas plus de trace qu’une bave d’escargot rincée par la pluie. Comme si nous avions toujours été là . Cinq vers dans le gros fruit d’Aria.